Note : les analyses de cet article se basent sur les données provenant de Steam. Elles ne prennent pas en compte les autres plateformes (gog, origin, etc.), les achats en boite, ainsi que les achats directs.
Que se passe t'il dans l'univers du jeu vidéo ces dernières années ? On peut constater une accélération constante des sorties ; une augmentation exponentielle depuis 2013. C'est assez flagrant, en témoigne ce graph (données steamspy) :
Les sorties n'augmentent pas en fait. Elles explosent. Chaque année depuis 2013, il sort sur Steam autant de jeux que depuis la naissance de la plateforme. Ces jours-ci, c'est 15 jeux par jour qu'on voit débarquer. Autant dire qu'à se rythme, non seulement il n'est plus possible d'en tester une majorité, mais il est même carrément facile d'en louper plein ou de ne même pas savoir qu'ils existent. Oubliez donc la "culture" vidéo-ludique car plus le temps passe et plus cela deviendra impossible de connaitre, même une faible quantité de la masse des jeux-vidéo.
A titre de comparaison, le Cinéma reste stable. L'augmentation s'est faite mais depuis plus d'une décennie, le media produit un nombre stable de film (environ 500 par an aux Etats-Unis).
On pourrait faire une corrélation avec les "stores" de smartphone. Sur ces plateformes, c'est un peu la même chose. De plus en plus de jeux débarquent et on ne sait plus vraiment où donner de la tête. Le jeu phénomène devient plus rare (Clash of Clans, Candy Crush, Angry Birds, etc.). Pourtant, chaque jeu se partage toujours la même part du gâteau (la masse d'argent dépensée par les visiteurs). Même si elle doit probablement augmenter (un peu), impossible de faire face à la quantité de sorties.
Sur Steam, 2000 jeux se vendaient par sortie (en médian, donc en ignorant les gros bides et les best-sellers). Aujourd'hui, on s'approche de .... 0.
Ce graph présente la quantité médiane de vente par jeu sur Steam. Forcément, vu qu'il y a de plus en plus de jeux qui sortent et un nombre d'utilisateurs qui lui n'explose pas, il devient de plus en plus difficile de vendre son jeu. Et même si la tendance semble ralentir cette année (voir le haut de la courbe bleue), le mal est fait. La crise s'annonce à l'horizon.
Conséquences
Il est difficile de prédire comment cette crise va se manifester même si on peut dire qu'elle est déjà en phase d'éclosion. Les gros studios doivent probablement être prêts (on parle notamment de jeux "service" pour fidéliser le joueur et éviter qu'il soit tenté d'aller ailleurs) mais les petits indépendants essuient déjà les premiers plâtres. On lis à droite à gauche que c'est devenu dur, alors que nous ne sommes que dans la phase montante de cette courbe exponentielle.
Pour ma part, je n'arrive plus aujourd'hui à savoir à quoi jouer. En fait, le magasin Steam est tout sauf une bonne idée pour voir les dernières sorties et se faire une idée. Il faut fouiller, regarder des vidéos, des lives, et encore, ça c'est si on accepte de se faire spoiler le contenu. Alors j'achète, sans vraiment savoir, juste par un coup de coeur. Une fois, deux fois, dix fois. Et puis à un moment donné, le vertige. Cette bizarre sensation de voir qu'il y en a trop, mais vraiment trop. Malaise.... C'était quoi déjà ce site qui nous affichait le gachis d'argent dépensé sur steam ? Ah oui... Allons voir.
Nouveau vertige :
Avec 538 jeux à mon actif sur Steam et 121 clés humble bundle en attente d'être ajoutées à ma bibliothèque, c'est l'overdose. A cet instant précis, je ressent comme de petits picotements derrière ma nuque. "mais c'est normal, je suis un streamer sur twitch, je présente masse jeux, je n'ai pas le temps de tous les tester". En vain, essayer de me rassurer ne marche pas. Après quelques secondes de ténèbres, le vertige est remplacé par une réflexion plus pragmatique : "j'ai de quoi jouer à 1 jeu par semaine pendant 13 ans pour découvrir toute ma bibliothèque dématérialisée". Oulah, ce n'était peut-être pas une si bonne réflexion en fait." En tous cas, pas celle pour me rassurer.
Comment je fais pour encore acheter plus d'un jeu par semaine alors que j'ai des centaines de jeux qui sont là, sous mon nez à attendre que je les installe et les découvre ? Mon frigo est plein à craquer de bouffe et je continue à acheter toujours plus de bouffe. Mais le dématérialisé à ce vice : on ne voit pas le fond.
Expérience
La crise annoncée du jeu-vidéo : Le marché sur-saturé, illisible et très bientôt nauséabond (on peut souhaiter la bienvenue aux systèmes f2p qui ont envahit le marché mobile) me fait me dire qu'il est grand temps de faire une pause.Je décide donc de franchir le pas (surréaliste pour moi). Ne plus acheter un seul jeu pendant 1 an. Nous sommes fin juillet. Il faudra donc que je tienne jusqu'au 1er aout 2018. Et on verra. On verra dans 1 an à quoi j'aurais joué, qu'elle aura été le résultat de cette expérience et si j'ai survécu. On verra aussi si j'ai réussi à tenir parole. Si je n'ai pas craqué sur une ou plusieurs exceptions.
En fait, je vais faire comme si j'étais devenu un alcoolique anonyme :
Aujourd'hui est le premier jour de la fin de ma dépendance à l'achat de jeux-vidéo.
Notes :
Je fais partie d'une communauté qui serait susceptible de m'offrir ou de me faire acheter un jeu à cause d'un projet communautaire de grande envergure. Si cela devait se produire dans l'année de cure, je le mentionnerai dans une catégorie à part, sans pour autant remettre les compteurs à zéro.






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