Accéder au contenu principal

Zelda.


Cette année, j'ai acheté une Switch. Une console qui n'avait pour ainsi dire qu'un seul jeu à sa sortie. Les autres (Snipperclips la surprise, Just Dance le multiplateforme, 1-2 Switch le jeu non-vidéo, les autres jeux plus indés et les rétro émulés) me paraissant insignifiants pour être notés (sauf peut-être ce Snipperclips, seule véritable originalité de la console à sa sortie mais bon, ça reste un petit jeu), on peut vraiment dire que cette Switch à l'heure où j'écris mon article n'a qu'un seul et unique jeu Triple A : Zelda.

"Pourtaaaannnt, que la montagne est belle..."

Certains se diront outrés de devoir payer 300€ une console sans jeu. La Wii coûtait 250€ à la sortie, livrée certes avec une seule "manette" mais avec un jeu (en Europe) : Wii Sports. C'était plutôt cool d'autant plus que le jeu était franchement pas mauvais et un bon ambassadeur de la console.
La Switch elle ne semble pas vouloir séduire les non-initiés. 1-2 Switch n'étant pas livré avec la console, si vous voulez une Switch et y jouer, il va falloir raquer.
Pour palier à ce manquement, Nintendo à sorti direct son carré d'as. Et si sur mes trois premiers articles de ce blog j'étais plutôt aigri, voilà qu'enfin, je suis à nouveau convaincu que tout cela ne venait pas de moi. Non, je ne suis pas aigri. Je suis toujours capable d’apprécier un jeu-vidéo et même de m'y plonger tel un véritable no-life. Je n'ai pas changé. Quand le jeu est bon, la magie opère toujours.

Alors je me suis longuement posé la question de la manière de débuter cet article. Devrais-je commencer par tenter maladroitement de définir ce qu'est un jeu vidéo ? C'est un peu subjectif et ce serait aussi prétentieux de penser détenir la vérité. Alors plutôt que de vouloir me lancer sur ce chemin trop accidenté, je vais simplement vous expliquer pourquoi ce Zelda est non seulement un véritable bijou mais aussi une aubaine pour le futur du monde vidéo-ludique. Rien que ça.

Zelda, ou pas ?

Car oui, ce Zelda là, ce n'est pas juste qu'un Zelda. Je pourrais même dire qu'il emprunte l'univers de Zelda mais cet univers n'est qu'un prétexte. Cela aurait pu coller à un tout autre background avec un tout autre personnage. Ce Zelda là, c'est peut-être celui qui est le moins un Zelda en fait... ou alors, le vrai Zelda ? Celui qui justement, représente un monde plus vivant que jamais, un monde aux antipodes des précédents opus sur bien des points mais qui pourrait représenter ce qu'à toujours voulu Nintendo qu'il devienne ? A vous de décider.

Le jeu-vidéo véritable

D'un point de vue global, Zelda a fait l'unanimité. Que ce soit la presse ou les joueurs, tout le monde (ou presque) l'adore. Et ce n'est pas pour rien. Même Horizon Zero Dawn, pourtant dingue, est presque passé inaperçu devant ce ras de marrée.

Alors pourquoi ? Pourquoi ce jeu est-il aussi magique ?

La liberté

Nintendo a eu l'audace que n'a presque jamais un AAA. Vous êtes libre. Totalement libre. Très vite, vous apprenez la menace qui pèse sur l'univers et rien ne vous empêche de vous y rendre pour régler le problème dès le début de l'aventure. Mais ce sentiment de liberté ne s'arrête pas là. Pour être totalement libre, il faut que le jeu ne nous impose aucune règle. Link ne monte pas en niveau. Il n'a pas de barrière virtuelle du à ses compétences. Il ne doit pas accomplir telle ou telle quête pour accéder à tel ou tel lieu. En fait, il est libre de toute faire, d'aller dans toute direction et de découvrir par lui-même ce que ce monde a à lui proposer.
Mieux, le jeu ne lui indique jamais où aller. Il n'y a pas de flèche pour lui dire comment répondre à une requête. Et aucune indication sur le fait que telle ou telle chose, rumeur ou indication représente la trame principale de l'histoire.
Enfin, il n 'y a aucune frontière. On est jamais bloqué. Seul l'horizon nous empêche de voir plus loin.
Zelda emprunte donc à Minecraft ce côté liberté, mais dans un jeu construit et cohérent. Comment ne pas alors succomber à tant de magie ?

La densité

La plupart (de ne pas dire tous ?) des open-worlds proposent un contenu gigantesque mais bien souvent un peu vide sur de longues distances. Si bien que, l'exploration au pif n'a que peu d'intérêt. D'une part car on va rapidement tomber sur des ennemis plus fort que nous (telle zone prévue pour un niveau plus élevé) et d'autre part, car on va chercher longtemps avant de trouver quelque chose.
Zelda lui, est tellement dense qu'il est finalement difficile de se déplacer d'un point A à un B. En fait, il est pratiquement impossible de passer une zone sans se perdre vers une direction que l'on avait absolument pas prévu au départ. Et de se dire après une ou deux heures de jeu : "je voulais aller où déjà ?". Cet aspect de densité favorise l'exploration sans but et donc, la découverte au combien gratifiante. Vouloir franchir une montagne pour se rendre compte qu'il y a une autre montagne derrière n'a pas le même impact que de voir qu'il se cachait une ville derrière et que rien ni personne ne nous a indiqué comment nous y rendre auparavant. Et cette exploration est encore une fois possible car le jeu ne nous bloque pas virtuellement. Même si certains ennemis peuvent vous paraître ultra forts, rien ne nous empêche de les contourner.

L'imagination

En dehors d'une zone de départ cloisonnée destinée à découvrir les bases du gameplay, le jeu n'essaye pas de nous prendre par la main. Pourtant, il est possible de parcourir le monde en l'abordant de multiples manières. On peut traverser un précipice en coupant un arbre et en marchant sur le tronc, on peut éviter les ennemis pour éviter le combat, on peut même les combattre sans y aller de front mais en cherchant une brèche. Sans vouloir spoiler c'est difficile de l'exprimer mais Link dispose d'innombrables possibilités sur toutes les situations. En dehors des mini-puzzles décimés ça et là qui imposent de les résoudre d'une certaine manière, tout est franchissable en employant notre imagination.

La difficulté

Le jeu n'est pas facile. Il est même parfois très difficile. Cela pourrait rebuter certains joueurs mais la difficulté n'est pas imposée. Il y a tellement de choses à faire que la moindre difficulté peut s'aborder de différentes manières. On peut l'affronter, la contourner ou la détourner. Si un ennemi ne nous parait pas abordable, il est toujours possible de ne pas le combattre ou de chercher un moyen de rendre les choses plus simples...

En résumé, ce qu'à fait Nintendo là, c'est un jeu vidéo "open-world" mais au sens strict. L'équipe derrière le jeu a cherché à faire disparaître tout ce que les autres studios pensaient indispensable. Et je trouve personnellement jubilatoire de me dire qu'il existe des jeux qui oublient ces standards nauséabonds.

Il n'y a au final que ces tours qui entachent légèrement le tableau. Comme si la bride n'avait pas été totalement lâchée.

Commentaires